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J’ai le plaisir de vous présenter notre vidéo numéro 100 ! D’autres sont prévues et seront mis en ligne bientôt.

Le Diagnostic de Psychose maniaco-dépressive 1/5

Réponses aux élèves du Lycée Polyvalent d’Alembert, Paris 19ème.

Peut-on parler de phases médicales pour le diagnostic de la psychose maniaco-dépressive ?

La sémiotique psychiatrique et la nosographie psychanalytique sont conçues de manières très diverses, en fonction surtout de l’orientation théorique du clinicien qui les applique. Son point de vue, son interprétation et sa compréhension sur l’étiopathogénie de la chose psychique influencent énormément son interprétation et sa compréhension des troubles, des symptômes, du diagnostic, de la thérapeutique, de la prophylaxie et du pronostic.

Dans le diagnostic de la psychose maniaco-dépressive il peut bien y avoir des phases médicales, pourquoi pas, étant donné que cette perturbation psychique produit des réels effets dans le somatique. Mais ce n’est pas une obligation. Cela dit, dans la pratique, beaucoup de patients ne veulent pas reconnaître qu’ils ont cette pathologie et refusent de consulter, sauf lorsque les symptômes psychiques sont doublés par des troubles organiques importants. Pour cela, ce sont souvent les médecins généralistes qui perçoivent ou qui reçoivent les plaintes maniaco-dépressives avant de rediriger les patients vers les psychiatres, les psychologues ou les psychanalystes. Cependant, qu’elle ait des effets dans le somatique ne veut pas dire que la psychose maniaco-dépressive et les troubles bipolaires qui lui sont attachés dépendent, ou proviennent, in fine, d’un dérèglement organique qui devrait être traité de manière médicale.

Évidemment, dans l’absolu, toute maladie organique peut avoir des incidences psychologiques qui peuvent justifier le recours à des psychologues cliniciens comme agents de soutien, ou agents auxiliaires, pour la thérapeutique médicale. Dans le cas des psychoses, c’est exactement le contraire. Elles peuvent avoir des incidences dans le domaine physiologique ou médical qui justifient le recours à des médecins généralistes ou à des psychiatres en tant qu’agents de soutien, ou agents auxiliaires, pour la psychothérapie. Sans aucun doute, les psychoses comme la maniaco-dépressive ne sont pas des maladies organiques. En outre, les psychoses ne sont pas non plus des maladies psychosomatiques, même si le sujet psychotique, tout comme le névrosé, peut présenter des phénomènes psychosomatiques avérés, plus ou moins importants selon les cas.

Tout en ayant une véritable raison d’être identifié, reconnu et nommé comme tel dans le diagnostic de psychose maniaco-dépressive, le terme même de troubles bipolaires pose également question. Il s’agit d’un terme trop vaste, imprécis et scientifiquement flou.

D’abord, parce que la bipolarité peut aller de la simple cyclothymie réactionnelle et temporaire dans les névroses et dans les psychoses, jusqu’aux graves perturbations des cycles circadiens chez le sujet maniaco-dépressif.

Ensuite, parce que les troubles bipolaires ne sont, à mon avis, qu’une partie de la psychopathologie générale de la psychose maniaco-dépressive. Réduire celle-ci à la seule bipolarité implique une prise de position théorique qui reste comportementale, médicale, physiologiste, organiciste, en ce sens que, concernant les oscillations des perturbations circadiennes et seulement celles-ci, on peut passer à une quantification nécessaire pour la seule pharmacothérapie, par exemple.

Enfin, parce que le terme de bipolarité est une tentative implicite d’exclure la distinction chère à la psychanalyse entre névrose et psychose. En effet, le terme de psychose, ainsi que celui de psychose maniaco-dépressive, ont commencé à être connotés de façon négative notamment parce que la psychiatrie américaine, très attachée à défendre l’étiologie organiciste, a voulu gommer les références psychanalytiques de la thérapeutique depuis presque 50 ans.

Cependant, quand nous disons troubles bipolaires entre cliniciens, nous considérons implicitement que nous faisons référence à quelque chose de plus profond que la simple bipolarité et que nous voulons dire que le patient souffre d’une psychose maniaco-dépressive.

German Arce Ross, Paris, le 5 mars 2017

 

Bibliographie

ARCE ROSS, German, Manie, mélancolie et facteurs blancs. Préface du Professeur Georges Lantéri-Laura. Collection Le Miroir des Savants. Beauchesne, Paris, 2009

ARCE ROSS, German, La Fuite des événements. Les Angoisses altruistes dans les suicides maniaco-dépressifs, Huit Intérieur Publications, Paris, 2016

 

German ARCE ROSS. Paris, mars 2017.

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