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German ARCE ROSS, septembre 2013.

Poursuivant ma recherche sur la rencontre amoureuse, le désir et l’érotisme aujourd’hui, je m’intéresse ici aux travaux de J.-C. Kaufmann sur la micro-sociologie du premier matin dans la formation du couple aujourd’hui. Prenant le dialogue lors d’un dîner avec une jeune psychologue qui a suivi il y a quelques années mes cours de psychopathologie à l’université, on peut enrichir la prise en compte de la formation de couples aujourd’hui en trois temps différenciés.

D’abord, la nuit sexuelle, résultat non pas d’un projet mûrement réfléchi ou psychologiquement travaillé comme dans l’amour romantique, mais résultat d’un enivrement pulsionnel et impulsif qui surprend les deux partenaires. Souvent cela éclate comme une fête à deux, comme un écart temporaire et vertigineux vis-à-vis de la réalité du quotidien.

Ensuite, la période d’apaisement pulsionnel, de tendresse possible et de sommeil ou de profonde intimité partagée, au bout de la nuit sexuelle, d’où peut naître le désir d’amour. Je pense que c’est dans cette période d’apaisement sexuel, vécue souvent par une période de sommeil ou juste de tendresse, que les conditions nécessaires de l’amour, qui éclateront lors du premier matin, seront données ou inter-incorporées.

Finalement, l’éclosion de la réalité venant secouer l’édifice de l’intime lors du premier matin, avec son lot d’indécidable, ou de décision hâtive, de précipitation émotionnelle, ou de fuite, de vertige rationnel, ou de vide de la pensée. Le premier matin, comme cristallisation des sentiments et des émotions, des idées et soupçons, des projections, illusions, désirs, doutes ou angoisses en provenance de l’intimité partagée de la première nuit, est l’épisode privilégié et sensible aussi bien de l’événement amoureux que de l’avènement du couple. Le problème est cependant lorsque l’impressionnante libération des motions sensibles précipite les partenaires dans une trame où les codes et les normes sont absents. C’est à ce propos que l’on peut parler d’anomie de l’amour.

Vous pouvez consulter :
Kaufmann, J.-C., Sociologie du couple. PUF, Paris, 1993, 2012.
Kaufmann, J.-C., La Femme seule et le prince charmant. Enquête sur la vie en solo. Armand Colin, Paris, 1999, 2006.
Kaufmann, J.-C., Premier matin. Comment naît une histoire d’amour. Armand Colin, Paris, 2002.

Mais aussi :
Bruckner, Pascal, Le Paradoxe amoureux. Grasset, Paris, 2009.
Muchembled, Robert, L’Orgasme et l’Occident. Une histoire du plaisir du XVIème siècle à nos jours. Seuil, Paris, 2005.
Singly, François de, Libres ensemble. L’individualisme dans la vie commune. Nathan/HER, Paris, 2000.

German ARCE ROSS, septembre 2013.

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