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German ARCE ROSS, Paris, octobre 2014.

Interview de German Arce Ross accordée au journaliste Clément Pétreault pour l’hebdomadaire Le Point, du 16 octobre 2014. Nous remercions vivement Clément Pétreault pour son excellent travail.

Nous pouvons situer les différences entre normalité et pathologie en disant que, dans la jalousie normale, le sujet a tendance à tout mettre en place pour faire que cet état pénible disparaisse au plus vite. Et que dans la jalousie pathologique, le sujet s’y installe, parfois pour très longtemps, et y trouve un intérêt malsain. Le sujet jaloux est complètement dominé par cet affect et fait tout pour l’alimenter, pour le développer et pour l’enrichir. Au fond, par sa seule suspicion, il fait exister l’infidélité au moins dans un registre imaginaire.

Lancé dans la construction d’un fantasme de tiers lésé, le sujet jaloux vit, de plus en plus, en fonction du désir de contrer l’Autre méchant, ce qui implique qu’il se pose d’emblée comme victime. Ceci dans la mesure où, en termes purement phénoménologiques, la jalousie est avant tout un regard. Un regard de tiers lésé qui cherche à récupérer une possession perdue, ou en risque de perte, et dont la démarche paranoïde peut devenir une recherche de vengeance.

Le problème est qu’en enfermant l’Autre dans cette enceinte de méfiance, suspicion et persécution, le sujet s’enferme lui-même, parfois durablement, jusqu’à l’explosion, ou implosion, de la colère passionnelle.

German ARCE ROSS
Paris, octobre 2014

Photo : ©German Arce Ross, 2014, exposée à la XVIIème Biennale des Artistes du VIème, Mairie de Paris VIème, du 20 octobre au 10 novembre 2014.

German ARCE ROSS, Paris, octobre 2014.

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